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Une semaine en mer : Éric Pilato et Skiboo 2 dans le vif de la transatlantique

Une semaine en mer : Éric Pilato et Skiboo 2 dans le vif de la transatlantique

Du vent, des vagues, des choix météo et déjà un record personnel. Après avoir largué les amarres à La Rochelle, Éric Pilato a passé sa première semaine en mer à bord de son Excess 11, Skiboo 2. Cap sur Pointe-à-Pitre, avec une route qui ne se dessine pas toujours tout à fait comme prévu.

 

Le projet est lancé. Depuis le départ de La Rochelle, Éric Pilato navigue en solitaire à bord de son Excess 11, Skiboo 2, avec un objectif en tête : rejoindre Pointe-à-Pitre à la voile, sans escale et sans utiliser les moteurs.

Mais sur l'Atlantique, il ne suffit pas de pointer l'étrave vers le sud pour avancer tout droit. Dès les premiers jours, la météo vient redistribuer les cartes. Éric doit composer avec les systèmes dépressionnaires, ajuster sa route et trouver le bon compromis entre vitesse, confort et conditions de navigation.

Une chose est sûre : les milles commencent à défiler.

Une route qui se décide au gré de la météo

Les premiers jours donnent le ton. Une dépression remonte du sud-ouest tandis qu'une zone de hautes pressions se déplace d'est en ouest. Leur rencontre crée un front accompagné de grains et d'un vent qui se renforce.

Pour Éric, le vent reste heureusement portant, avec une houle relativement courte d'environ deux mètres. De quoi offrir quelques surfs à Skiboo 2, avec de nombreuses pointes à plus de 10 nœuds. Le genre de sensations qui rappelle pourquoi on aime naviguer à la voile !

Mais une transatlantique ne se résume pas aux bons moments sous voiles. Il faut aussi accepter les détours, observer l'évolution des systèmes météo et parfois revoir ses plans. Éric échange régulièrement avec Pierrot, son routeur à terre, pour définir la meilleure stratégie et anticiper la suite du parcours.

Deux options se dessinent alors : tenter de passer dans un créneau météo étroit, ou descendre davantage vers le sud pour aller chercher des alizés plus faibles.

En solitaire, chaque décision compte. Et le meilleur itinéraire n'est pas forcément la ligne la plus directe sur une carte.

170 milles en 24 heures : Skiboo 2 accélère

Au quatrième jour, le rythme s'accélère. Après un détour vers l'ouest imposé par la météo, Éric reprend sa descente vers le sud. Les conditions lui permettent de pousser davantage son Excess 11, avec des pointes de vitesse proches de 11 nœuds.

Le résultat ne se fait pas attendre : 170 milles parcourus en 24 heures, contre environ 120 milles habituellement.

Un nouveau record personnel pour Éric, qui voit ainsi Skiboo 2 avaler les milles à un rythme soutenu.

Derrière cette belle performance, la navigation reste une affaire de compromis. La houle arrive désormais davantage de travers et fait rouler le bateau. Il faut également composer avec le trafic maritime et anticiper les zones fréquentées par les cargos, tout en gardant un œil sur la météo.

Et puis, il y a le sommeil. Seul à bord, Éric doit organiser ses périodes de repos autour de la navigation et de la surveillance du bateau. Il privilégie des plages de sommeil courtes, entrecoupées de siestes dès que les conditions le permettent. Un rythme particulier, qui demande de rester à l'écoute de soi autant que de son environnement.

Quand l'océan rappelle qu'il est chez lui

Au-delà des chiffres et des choix de navigation, cette première semaine est aussi l'occasion de prendre la mesure de l'océan.

Éric partage quelques mots qui résument bien ce que peut représenter une telle aventure :

« Et parfois, des montagnes d'eau nous font ressentir à quel point nous sommes petits face à l'immensité de la nature. Il est parfois nécessaire de rappeler cela et l'aventure est le meilleur moyen de trouver sa juste place, d'admirer et respecter ! »

Une réflexion qui fait écho à ces journées où le paysage change sans cesse, même lorsque l'horizon semble infini. Chaque lever et chaque coucher de soleil offrent un nouveau spectacle. La mer reste le même élément, mais aucune journée ne ressemble tout à fait à la précédente.

C'est aussi cela, la navigation au long cours : accepter de ne pas tout maîtriser, apprendre à observer et trouver son rythme au milieu des éléments.

 

Cap au sud, avec Madère en ligne de mire

À l'approche du cap Finisterre, Éric passe sous le dispositif de séparation du trafic maritime (DST) et poursuit sa route à l'extérieur de cette zone réglementée. Prochaine étape : mettre le cap vers Madère, en fonction de l'évolution des conditions météo.

Le vent doit de nouveau monter autour de 30 nœuds avant de s'apaiser progressivement. À bord, la mer est inconfortable mais Éric se veut rassurant : Skiboo 2 reste sûr et les conditions sont gérables.

Avec son humour habituel, il ajoute d'ailleurs qu'il n'a été poussé par personne à venir se mettre dans cette situation ! Une manière bien à lui de rappeler que l'aventure se construit aussi avec ses moments moins confortables. Il faut savoir s'adapter, faire confiance à sa préparation et continuer à prendre les bonnes décisions.

La suite de l'aventure se joue au fil des milles

Cette première semaine en mer donne déjà un aperçu de ce qu'implique une transatlantique en solitaire : anticiper la météo, gérer son énergie, trouver le bon rythme et accepter que la route se décide autant avec les prévisions qu'avec les conditions réellement rencontrées.

À bord de Skiboo 2, l'objectif reste le même : rejoindre les Antilles à la voile et sans escale. La route est encore longue, et chaque journée apportera son lot de décisions, de découvertes et, on l'espère, de belles glissades.

L'aventure continue. Bon vent Éric !

 

Suivez la progression de Skiboo 2 au fil de la traversée sur Excess Lab.

8 commentaires
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D
Danlong99
16 octobre 2026
1 réponse
Eric are you running a generator at all or strictly solar? I hope questions help break up the trip a bit? Thanks
L
Les voyages de Skiboo
3 novembre 2026
Merci de ta question, alors je n'ai pas de générateur à bord, je suis en standard batteries 4 x 140 Ah en AGM, J'ai ensuite 2 panneaux solaires 440w sur les bossoirs et j'ai ajouté 2 panneaux solaires mobiles de 400w chacun que je met à ma convenance en fonction du soleil. Dans l'absolu je couvre mes charges, mais, j'ai une batterie qui s'est mise en défaut juste quelques jours après le départ, du coup, j'ai été obligé de faire tourner mes moteurs en recharge de emps en temps la nuit... un conseil, si om y a le moindre doute sur le parc batteries, c'est mieux de le changer. Moi je me disais que 3 ans c'était peu et donc ça me semblait impossible d'avoir un défaut ! Et bien je me suis trompé dans mon diagnostic, on peut avoir un parc batteries défectueux en 3 ans ..
D
Dangerz
14 octobre 2026
1 réponse
We are with you the whole way (and as it turns out only weeks behind you)!!
You're crushing it!
L
Les voyages de Skiboo
15 octobre 2026
I’m looking in the rearview mirror—the Lexcess 13 is moving fast, very fast!! Best wishes.
S
Styrimaor
14 octobre 2026
1 réponse
What an inspiring story you are writing with your solo travels! I look forward to hearing more details as the days/weeks unfold. I am curious about sleep. Regardless of how short your 'naps' are, it still means no eyes on the horizon. Are you using any form of alert technology to let you know if some non-AIS vessel/object is in your path? Would love to know. Enjoy the Journey!
L
Les voyages de Skiboo
15 octobre 2026
Hello, and thank you for your interest in my project. A solo transatlantic crossing—non-stop and without the use of engines for propulsion—requires about nine months of preparation. This involves both time spent training at sea and a significant amount of work on land, focusing on the psychological and mental aspects. Essentially, you can think of it as an endurance race lasting roughly 30 days, during which all your senses must remain sharp. Since we are only human, we have to adapt our daily bodily functions to these new constraints. Sleep is one such element; for several months, I’ve been working with a polyphasic sleep pattern—specifically, a variation of the "Everyman 4" schedule, which I’ve tailored to my own personality (you have to be opportunistic and try to recover your "sleep debt" whenever you can). Ten days in, things are going quite well; for instance, last night was a bit complicated, and I only managed one hour of sleep. Today, I took five naps—whenever my body signaled the need—to quickly re-enter deep sleep and, most importantly, REM (paradoxical) sleep. Furthermore, when you’re asleep, you need tools to keep watch and wake you up—namely an AIS system and, above all, a radar. I wouldn’t head out to sea these days without a radar, paired with an alarm loud enough to wake the deepest-dwelling mollusks in the ocean! 🤣🤣... That’s the gist of it. I’m only on my tenth day at sea as I write this, so there’s still a long way to go. That said, I cannot overstate the importance of thorough, serious preparation; I drew on advice from some of the great sailors who compete in ocean races, which proved to be incredibly constructive... Looking forward to connecting again! 😉🤙😎⛵️
D
Danlong99
14 octobre 2026
1 réponse
Nice work Eric - very inspiring for solo sailors to see you make this journey.
L
Les voyages de Skiboo
15 octobre 2026
Many Thanks, i'm very happy if my trip is an enjoy moment for you and the excess Family