Les derniers milles d’Éric Pilato : sécurité et cap sur la Guadeloupe
Après trois semaines de navigation, Éric Pilato a franchi une étape symbolique de sa traversée. Le 24 octobre, à bord de son Excess 11 Skiboo 2, il se trouvait à mi-distance entre La Palma, aux Canaries, et la pointe de la Grande Vigie, au nord de la Guadeloupe : environ 1 250 milles de chaque côté. Depuis son départ de La Rochelle, il avait déjà parcouru plus de 3 000 milles et passé plus de 500 heures en mer.
À l’approche de la destination, il a partagé un sujet essentiel de sa préparation : les moyens dont il dispose pour faire face seul à une situation d’urgence. Son équipement comprend un gilet de sauvetage gonflable, associé à une balise MOB1 qui transmet une alerte AIS aux navires proches. Mais en plein Atlantique, le trafic est rare. Éric raconte n’avoir croisé que deux bateaux en une dizaine de jours : une limite concrète pour un système qui dépend de la présence d’un autre navire à portée.
Pour pouvoir alerter les secours par satellite et communiquer avec eux, il a également choisi un Garmin inReach. Son bouton SOS transmet la position de l’appareil et permet de déclencher une procédure de secours. L’échange de messages est un autre avantage à ses yeux : en cas d’évacuation dans le radeau, il pourrait préciser sa situation et notamment son état de santé. Éric a fait le choix d’utiliser cet appareil plutôt qu’une PLB ; il s’agit de sa propre configuration de sécurité, et non d’une recommandation générale.
La préparation repose aussi sur des équipements simples, prêts à être utilisés : une lampe frontale pour les déplacements de nuit, une lampe puissante pour observer les alentours du bateau et un couteau accessible pour couper un cordage si besoin. « Je suis assez content du matériel que j’ai choisi. C’est facile d’emploi », explique-t-il.
Prévoir aussi les urgences médicales
Éric a également anticipé le risque médical. Déjà formé aux premiers secours dans le cadre de son activité professionnelle, il a suivi une formation médicale dédiée à la navigation hauturière auprès de Medi-Distance Santé. À bord, son matériel médical est organisé et comprend notamment des médicaments, des pansements, du matériel de suture, un tensiomètre et un oxymètre. En cas de besoin, il peut solliciter un avis médical à distance, notamment auprès du Centre de consultation médicale maritime de Toulouse.
Un océan qui change de couleur
À mesure que Skiboo 2 approche des Antilles, la chaleur tropicale s’installe et les sargasses se font plus présentes. Elles ne forment pas encore de grandes plaques, mais de longues traînées végétales qui marbrent le bleu de l’eau. Éric trouve le spectacle magnifique depuis le large, tout en pensant aux dégâts que ces algues peuvent causer sur les îles.
Le départ de la Route du Rhum a donné une résonance particulière à sa propre traversée. Éric suit la course avec admiration et sait que les concurrents sont désormais lancés derrière lui. Son défi n’est pas celui des skippers engagés dans la compétition, mais il en retrouve l’essentiel : « un marin, un bateau, l’océan ». Il espère toujours atteindre la Guadeloupe avant les premiers arrivants.
L’arrivée de Skiboo 2 est attendue dans la semaine. Après la traversée, l’équipe Excess espère retrouver Éric lors d’un prochain salon ou d’un Excess Talk, pour qu’il partage son expérience avec les propriétaires et les passionnés de la marque.


