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Deuxième semaine en mer : Skiboo 2 met le cap sur l’Atlantique !

Deuxième semaine en mer : Skiboo 2 met le cap sur l’Atlantique !

Une vie en mer faite d’adaptation

À bord de Skiboo 2, les journées s’enchaînent et les conditions évoluent. Après quelques ajustements nécessaires en mer, Éric profite de périodes plus calmes, où la houle s’installe et où le bateau glisse tranquillement sur l’Atlantique.

En solitaire, chaque détail compte. Et parmi les membres indispensables de l’équipage, il y en a un qui ne prend jamais de quart : le pilote automatique. « La plupart du temps, c’est lui qui tient la barre ; j’interviens surtout pendant les manœuvres », explique Éric. Il descend régulièrement vérifier que tout fonctionne correctement et reprend davantage la barre lorsque le vent faiblit, pour ajuster plus finement la trajectoire.

Quant aux moteurs, pas question de les utiliser pour avancer : ils tournent débrayés ponctuellement pour produire de l’énergie, mais la propulsion reste exclusivement vélique. Une distinction importante dans cette aventure menée à la voile, sans escale et sans propulsion moteur.

Madère et Porto Santo à l’horizon

Au fil de sa descente vers le sud, Éric aperçoit l’archipel de Madère. Porto Santo se dessine devant lui, tandis que Madère se trouve un peu plus loin. Une rencontre avec la terre ferme depuis le large, sans détour au programme : Skiboo 2 poursuit sa route et doit passer entre Madère et les îles Desertas pendant la nuit. La météo semble alors plutôt favorable. L’objectif est clair : rejoindre les alizés avant les Canaries pour en profiter au maximum et continuer à progresser vers le sud, puis vers l’ouest.

Les Canaries en 11 jours et 11 heures : cap à l’ouest !

Éric atteint la latitude de Lanzarote après 11 jours et 11 heures de navigation. C’est une étape importante : il avait prévu quinze jours pour descendre jusque-là. Skiboo 2 est donc légèrement en avance sur le programme. A noter que les alizés sont particulièrement bas cette année et la zone à venir pourrait réserver quelques passages de vent faible. Descendre davantage vers le Cap-Vert présenterait le risque de se retrouver ralenti, voire bloqué dans ces zones peu ventées. 

Avec Pierre, son routeur à terre, Éric analyse les prévisions et compare les options. Ensemble, ils choisissent de mettre le cap à l’ouest, en suivant la route directe vers la Guadeloupe, plus favorable au vu des conditions prévues. Leur travail se poursuit au fil des jours, notamment pour déterminer le meilleur moment pour effectuer les empannages, ces manœuvres qui permettent de changer d’amure. L’objectif : choisir le bon timing en fonction de l’angle du vent pour optimiser la route.

La descente vers le sud est terminée. Place désormais à la grande traversée de l’Atlantique !

Un Excess 11 qui se révèle au large

Cette longue navigation est aussi l’occasion pour Éric de découvrir encore davantage le comportement de son bateau. Ce qui le surprend le plus ? Sa stabilité, notamment dans les surfs au portant. Skiboo 2 avance « comme sur des rails », avec une belle aisance dans les conditions rencontrées. Il a même dépassé les 15 nœuds en surf !

Habitué à naviguer seul près des côtes, Éric s’était préparé depuis longtemps à cette aventure : un projet mûri pendant un an, avec neuf mois de préparation intensive. Pour autant, une transatlantique en solitaire change forcément la donne. Il faut gérer son sommeil, son énergie, la météo et les petits imprévus du quotidien.

Dormir… sans jamais vraiment décrocher

En solitaire, dormir devient une manœuvre à part entière. Impossible de s’offrir une longue nuit réparatrice comme à terre : il faut rester attentif à la météo, au vent et au trafic maritime, tout en trouvant le temps de récupérer.

Éric s’est donc préparé à adopter un rythme de sommeil polyphasique, en fractionnant son repos en plusieurs périodes courtes. Le principe est simple : profiter de chaque occasion pour dormir, dès que les conditions le permettent, plutôt que d’attendre une vraie plage de repos.

Une organisation qui demande de bien connaître son corps et de rester à l’écoute de sa fatigue. Car sur une transatlantique en solitaire, gérer son sommeil, c’est aussi préserver sa lucidité et sa capacité à prendre les bonnes décisions pendant plusieurs semaines en mer.

 

Une enveloppe par jour, un lien avec la terre

Même à des milliers de milles de ses proches, Éric n’est pas tout à fait seul. Sa famille lui a préparé 32 enveloppes, une pour chaque jour de navigation. Chaque jour à 13 h 02, après son compte rendu quotidien, il en ouvre une. L’heure n’a pas été choisie au hasard : c’est celle de son départ, et celle utilisée à l'occasion du départ de la Route du Rhum, du Vendée Globe et de la transat Jacques Vabre afin de permettre la retransmission en direct du départ lors des JT de 13h, après l'annonce des titres du jour. 

Un rituel simple, mais chargé d’émotion, qui lui rappelle ceux qui suivent l’aventure à terre. « J’ai l’impression d’avoir embarqué beaucoup de monde avec moi », confie-t-il.

Entre les messages de ses proches, les échanges avec son routeur et les nouvelles partagées depuis Skiboo 2, le lien avec la terre reste bien présent, même lorsque l’horizon ne laisse apparaître que l’océan.

La grande traversée commence

Après le passage des Canaries, le cap est désormais fixé vers la Guadeloupe. Les conditions météo continueront de dicter les choix de route, et les échanges avec Pierre permettront d’ajuster la stratégie au fil des prévisions.

À bord, tout se passe bien. Éric profite des journées en mer, prend ses marques dans cette nouvelle routine et savoure les sensations offertes par Skiboo 2. L’arrivée de l’autre côté de l’Atlantique est encore devant lui, mais chaque mille parcouru le rapproche de son objectif : rejoindre Pointe-à-Pitre, sans escale et sans utiliser les moteurs pour faire avancer le bateau.

L’aventure continue, cap sur la Guadeloupe !

On vous laisse avec l’un des moments préférés d’Éric chaque jour : le coucher de soleil sur l’Atlantique.

 

Vous avez des questions sur la vie à bord ou la navigation en solitaire ? Laissez-les en commentaire : Éric, qui reste en contact avec la terre, se fera un plaisir d’y répondre dès qu’il le pourra.

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