L'entretien des surfaces d'un catamaran
L'entretien d'un catamaran n'est jamais une simple routine : c'est un équilibre entre techniques, choix de produits, contraintes environnementales et choix personnels. Chaque matériau a ses spécificités, et chaque propriétaire développe ses habitudes d'entretien au fil du temps. Il n'y a donc pas de règles parfaites ! Faisons ensemble un tour d'horizon des principales surfaces que l'on retrouve à bord des catamarans, avec leurs méthodes d'entretien, leurs avantages et leurs points de vigilance.
1. Le gelcoat
Le gelcoat est la principale surface et la plus exposée. Plus qu'une couche « esthétique », c'est une vraie barrière protectrice pour la structure du bateau.
Son entretien varie selon l'âge du catamaran :
Méthodes courantes :
- Lavage régulier : eau douce et savon doux suffisent pour éviter les dépôts de sel qui ternissent la surface. D’autres produits spécifiques à la plaisance type shampoing auto-séchants [type Nautic Clean 01] peuvent remplacer le savon doux.
- Polish : utilisé pour restaurer la brillance. Plusieurs écoles :
- polish abrasif léger → entretien courant,
- polish plus agressif → rénovation ponctuelle.
- Cire ou sealant : [type Nautic Clean 10] ou [type Seals Shield/Trishield] à appliquer lorsque le bateau est à terre.
Avantages :
- Rénovation possible par polissage.
- Protection UV renforcée avec les cires/polymères.
Points de vigilance :
- Risque d’amincir le gelcoat en cas de polissage trop fréquent.
- Résultat très dépendant de l’application et de la qualité du produit.
2. Le pont en pointe de diamants
Les surfaces moulées en pointe de diamants sont la caractéristique des ponts des bateaux construits en polyester depuis les années 1960. Leur forme géométrique offre une excellente adhérence… mais complique le nettoyage.
Méthodes d’entretien :
- Brosse souple et savon dégraissant : pour éviter que les salissures ne s'incrustent dans les reliefs.
- Vapeur ou nettoyeur basse pression : pratique, mais à utiliser avec modération pour ne pas cloquer le gelcoat.
- Produits antidérapants spécialisés : certains restaurent légèrement l’adhérence, d'autres apportent une protection hydrophobe [type Seals Silkwalk].
Avantages :
- Excellente tenue dans le temps avec un nettoyage adapté.
- Peu sensible aux micro-rayures.
Points de vigilance :
- Difficile à raviver : le polissage est quasiment impossible étant donné le relief.
- La saleté et les résidus organiques peuvent s’incruster profondément.
3. Les inox
Les inox marins (316L dans la majorité des cas) demandent une attention régulière pour éviter la corrosion superficielle.
Méthodes d’entretien :
- Rinçage fréquent à l’eau douce après navigation.
- Nettoyants pour inox : certains à base d’acides faibles (phosphorique) [type Nautic Clean 23] ou [type Seals Zerox].
- Polissage manuel ou chiffon microfibre pour restaurer l’éclat.
Avantages :
- Faciles à entretenir si l’on reste régulier.
- Produits efficaces, bon marché et non agressifs disponibles dans les shipchandlers.
Points de vigilance :
- Corrosion fréquente si l’on attend trop longtemps entre deux entretiens.
- Certaines pâtes métalliques abrasives peuvent rayer les surfaces polies miroir.
4. L’accastillage
Winchs, taquets, poulies, rails et chariots sont soumis à des contraintes mécaniques intenses. L’entretien n’est pas uniquement esthétique : il impacte la sécurité et la facilité de manœuvre.
Méthodes courantes :
- Rinçage systématique après chaque sortie.
- Lubrifiants adaptés :
- Silicones ou PTFE (lubrifiants secs) pour l’accastillage en mouvement (selon préconisations fabricants).
- Graisses spécifiques pour winchs (selon préconisations fabricants).
- Démontage périodique (selon préconisations fabricants).
Avantages :
- Un entretien régulier réduit considérablement l’usure.
- L’accastillage moderne est fiable et facile à démonter.
Points de vigilance :
- Mauvais choix de lubrifiant = encrassement ou blocage.
- Certains produits [type WD 40] attirent la poussière ou retiennent le sel.
5. Sellerie extérieure
La sellerie de cockpit ou de bain de soleil peut être en tissus techniques, vinyle marin, ou matériaux plus innovants. Chez Excess nous optons pour une sellerie de chez Ruchaud qui est réputée pour ses revêtements et tissus déperlants, respirants, résistants aux UV, aux moisissures et à l’usure.
Méthodes courantes :
- Rinçage, savon doux et séchage : la base.
- Anti-moisissures : à utiliser avec prudence pour ne pas endommager la teinture [type Nautic Clean 04 ou 21].
- Protection UV : sprays spécifiques, parfois controversés car certains laissent un film collant.
Avantages :
- Facile à entretenir.
- Plusieurs options de rénovation (nettoyage vapeur, traitements).
Points de Vigilance :
- La moisissure peut s’installer rapidement si la sellerie reste humide.
- Certains détachants décolorent les tissus.
6. Voiles
Sur un catamaran, les voiles sont sollicitées différemment que sur un monocoque : charges plus constantes par l’absence de pataras ou de bastaque, mais exposition aux UV reste cependant la même.
Méthodes courantes :
- Rinçage occasionnel à l’eau douce.
- Stockage hivernal au sec et ventilé.
- Nettoyage professionnel pour éliminer moisissures et sel incrusté.
- Révision annuelle (coutures, lattes, renforts).
Avantages :
- Très longue durée de vie si bien entretenues, notamment l’eXRP Elvstrøm coupée en tri-radial que nous avons choisis chez Excess qui est proposée dans l’option Pack Pulse Line.
- Les membranes modernes résistent mieux aux UV qu’autrefois.
Points de Vigilance :
- Les produits chimiques agressifs peuvent détériorer les membranes des voiles.
- Les réparations tardives coûtent plus cher et fragilisent la voile.
7. Les revêtements de pont : iroko, liège, flexiteek
La majorité des chantiers et leurs distributeurs laissent le choix dorénavant entre plusieurs revêtements de pont alternatifs à la pointe de diamant traditionnelle.
A) L’Iroko
Bois dur tropical, esthétique proche du teck.
Entretien :
- Huilage ou saturation (deux écoles possibles).
- Nettoyage doux.
- Ponçage léger possible.
Avantages :
- Aspect chaleureux.
- Matériau naturel (certification FSC pour l’Iroko proposé dans le Groupe Beneteau).
Points de vigilance :
- Grisonnement inévitable sans traitement
- Sensible aux taches grasses
B) Le liège marin
Entretien :
- Savon doux
- Nettoyage haute pression très modéré
Avantages :
- Très antidérapant
- Confort pieds nus
- Moins sensible aux taches que l’Iroko
- Facilité de réparation
Points de vigilance :
- Moins « premium » visuellement que du teak pour certains
- Peut s’effriter en vieillissant
C) Flexiteek / PVC synthétique
Entretien :
- Brossage à l’eau savonneuse
- Pas de ponçage, sauf rénovation spécifique par professionnels
Avantages :
- Durabilité élevée
- Aspect constant dans le temps
- Résistant aux UV
Points de vigilance :
- Peut chauffer fortement au soleil
- Plus dur sous le pied que du vrai bois/liège
Conclusion : un entretien qui reflète votre style de navigation !
Entretenir les surfaces d’un catamaran n’est pas qu’une question de technique : c’est aussi une manière d’habiter et de comprendre son bateau. Certains privilégient des méthodes naturelles et minimalistes, d’autres préfèrent des produits spécialisés pour optimiser la longévité.
Chaque matériau a ses exigences, mais un principe reste universel : la régularité. Un entretien léger mais fréquent vaut mieux qu’une remise en état lourde et coûteuse.
Et vous qu’avez-vous (ou que souhaitez-vous) à bord de votre catamaran ? Et qu’elles sont vos routines d’entretien ?
Un seul produit qui peut tout faire 😉